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MAJ SJOWALL et PER WAHLOO
Le polar nordique a le crime en poupe. Mais connaissez vous les précurseurs, Maj SJOWALL (Mme) et Per WAHLOO (Mr)?
Entre 1965 et 1975, ils vivent et écrivent ensemble 10 romans mettant en scène une équipe de policiers de la brigade criminelle de Stockolm avec à sa tête Martin BECK. Ce commissaire a déjà compris que le "Paradis suédois" -- modèle social envié à l'époque par tous les pays d'Europe -- est en train de virer au cauchemar : alcoolisme, racisme, isolement, communautarisme, inégalités sociales.
Sjöwall et Wahlöö ne vont donc pas se priver de questionner le monde suédois.
Dans L'homme au balcon, le désespoir sans fin des parents des petites victimes du tueur cotoiera l'indignation vertueuse de ces bons bourgeois armés prêts à s'organiser en milice pour se défendre d'un simple voleur.
Dans 22, v'la des frites, tout l'éventail de la société suédoise sera convoqué dans le constat de la perte des valeurs de solidarité entre les hommes : prolétaires exploités, hommes d'affaires sans scrupules, haute bourgeoisie méprisante.
Dans Le policier qui rit, par une pluvieuse soirée de novembre, tous les passagers d'un autobus sont massacrés au fusil mitrailleur. Jamais la Suède n'avait connu pareille tuerie, et l'opinion publique s'affole. Les enquêteurs entreront en contact avec toutes les couches de la société, du travailleur immigré au petit industriel magouilleur, les victimes du bus étant un microcosme d'une certaine vie stockholmoise. Et comme souvent, derrière la façade lisse des apparences, ce sont des réalités sordides qui émergent. Dans Roseanna le corps nu d'une jeune femme, violée puis étranglée, est retrouvé, par hasard, durant le dragage d'un canal près de Motala. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Comment et par qui a-t-elle été tuée ? Ces questions vont hanter l'inspecteur Ahlberg chargé de l'enquête et Martin Beck, venu de Stockholm, pour l'assister. Une enquête longue, difficile, mouvante va commencer avec son cortège de déceptions, d'attente jusqu'à son ultime retournement.
Dans La voiture de pompiers disparue ou quand une banale voiture de pompiers peut en cacher une autre, tout aussi banale mais qui finalement va s'avérer le nœud tenant tous les éléments de l'intrigue ! Alors qu'il est en planque devant l'appartement d'un certain Malm, ignorant totalement pourquoi on l'a placé là par une nuit glaciale, l'immeuble explose littéralement à la figure de l'inspecteur Gunvald Larsson. Les journaux témoignent que celui-ci s'est comporté en héros pour sauver le vie de plusieurs personnes. Mais voilà... si la voiture des pompiers n'avait pas temporairement disparu en cours de route, il n'y aurait probablement eu que des blessés...
Dans La chambre close Martin Beck, reprenant le travail après une longue convalescence, se heurte à une affaire bizarre : un vieil invalide nécessiteux est retrouvé mort dans une pièce sordide soigneusement fermée de l'intérieur. Il a une balle dans le ventre. La police veut conclure à un suicide, mais dans ce cas où est passé le pistolet ? Un pistolet qui, justement, semble avoir servi à un braquage...
L
'œuvre du couple scandinave est une « scannerisation de la société suédoise ». Per Wahlöö définissait le travail de son épouse et de lui-même comme « un scalpel ouvrant le ventre d'une idéologie appauvrie et exposant la morale discutable du pseudo bien-être bourgeois ». La surface lisse et policée du miracle suédois est totalement explosée.
Les Editions Rivages ont la bonne idée de les rééditer en format de poche.
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